dimanche 22 octobre 2017

LIVRE /// QUAND SORT LA RECLUSE - FRED VARGAS : un livre qu'on n'arrive pas à lâcher !

QUAND SORT LA RECLUSE
FRED VARGAS
 



Je vous ai déjà parlé de Fred Vargas, alors qu'en dire de plus qui ne soit pas redondant ?

Peut-être, est-il bon d'insister sur le fait que nous avons là une romancière qui est populaire tout en écrivant des livres de qualité, très originaux, qui ne sont pas un copier-coller du précédent. Elle n'exploite pas un filon, trop respectueuse du lecteur pour cela !




Mon épouse et moi avons entrepris de lire ou relire tous ses livres dans l'ordre de publication. Madame commence, puis c'est à mon tour, nous restons ainsi au même niveau de lecture. Inutile de vous dire que nos conversations tournent alors autour de Danglard, Adamsberg, Retancourt et autres, comme s'il s'agissait de familiers du couple, sans oublier les animaux (dont le chat du commissariat "La Boule") qui prennent une place de plus en plus importante.

Ceci permet de voir à quel point Fred Vargas a progressé tant dans l'écriture que dans la complexité de ses intrigues et de tout ce qui gravite autour du quotidien dans lequel elle sait distiller un peu de poésie. Quant à ses énigmes, il est à noter que leur dénouement reste toujours crédible, contrairement à nombre de thrillers dont l'action est intéressante mais qui se terminent avec une fin en pschitt, pas convaincante, presque bâclée. Rien de cela chez Fred Vargas !

J'avoue que j'avais commencé par un de ses premiers romans et n'avais pas alors compris l'engouement de ses admirateurs. Heureusement un autre de ses livres m'avait ensuite envoûté et acquis à sa cause.

Mais arrivons-en un peu au sujet de "Quand sort la recluse". Le commissaire Adamsberg, après un séjour en Islande, revient à Paris. Sa curiosité est attirée par des morts curieuses de personnes âgées ayant succombé à des piqûres de "Recluse", sauf qu'habituellement le venin de ces araignées aimant se cacher (d'où ce nom de "Recluse) n'est pas mortel....
La Recluse désignait aussi au Moyen-Age ces femmes qui se faisaient emmurer à vie dans des espaces très réduits pour consacrer leur vie à Dieu.

J'évoquais la place croissante des animaux dans ces récits. C'est le cas dans celui avec la naissance de merles qui va entraîner une mobilisation de l'équipe d'Adamsberg pour permettre leur survie. Avouez que ce n'est pas habituel et que cela rend très vite sympathique un commissariat !

Arrivé au deux tiers du livre, j'avais une petite idée du meurtrier qui se révéla en partie vraie, mais en partie seulement. De toute façon, l'attrait pour ses romans ne repose pas que sur la résolution de l'enquête.

Ecore un très bon cru de l'écrivain avec un livre qu'on n'arrive pas à lâcher!

Tant pis si vos nuits s'en trouveront raccourcies, n'hésitez pas, c'est tout à fait prenant.

Extrait : "Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l'appelai "Berg". Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu'il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13ème arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d'une brebis et la bête l'y avait enfoncé d'un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre sans portable, et Adamsberg l'avait appréciée à sa juste valeur."

Bonne et belle lecture

JC Georget
22/10/2017



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