LA PATERNITE
Cette chronique-ci sera consacrée au thème de la paternité à travers trois ouvrages, deux romans et une bande dessinée, sans oublier une référence à une chanson française.
Commençons par "le roman de Jim".
N'ayant malheureusement pas pu voir le film au cinéma (et pourtant cela me tentait bien), j'en ai lu le roman de Pierric Bailly.
Grand bien m'en a fait : ce roman est attachant, poignant et émouvant !
Aymeric tombe amoureux d'une femme qui est enceinte d'un autre homme, mais comme le lui dit Florence : il n'y a pas de papa !
Ils se mettent en couple et élèvent ensemble l'enfant auquel Aymeric s'attache de plus en plus...
Puis au bout de 10 ans, le géniteur revient. Quelle place lui faire ?
Puis, et cela devient dramatique, Florence quitte la France laissant Aymeric sans aucune nouvelle de celui qu'il considérait comme son enfant. Il n'a aucun droit et ne sait pas comment garder le contact...
Ce roman nous parle d'un sujet peu abordé celui de l'attachement hors des liens du sang et de la douleur qui survient de l'absence en cas de rupture.
Cette histoire m'a rappelé une très belle chanson de Serge Lama : "L'enfant d'un autre"
"C'est elle qui est partie mais c'est lui qui me manque
Ce tout petit garçon qui n'était pas de moi
Mais qui su lier mon âme saltimbanque
Avec sa tête dans mon cou avec son rire dans sa gorge.
Ne plus l'avoir contre ma joue, ça me rend malheureux"
"Et l'absence est venue peser sur ma détresse"
Venons-en maintenant à "Sidérations" de Richard Powers.
Un livre brillant qui conte les relations père-fils avec une grande sensibilité, dans un très beau style.
Théo Byrne s'occupe seul de son fils Théo âgé de 9 ans depuis que son épouse est décédée.
La maladie dont souffre l'enfant n'est pas vraiment nommée mais l'on pense à l'autisme, à l'hyper sensibilité, ce qui rend son intégration difficile notamment à l'école.
Théo ne sait pas s'il agit bien, mais c'est l'amour qui lui dicte sa façon de faire, alors il raconte l'espace et les étoiles à l'enfant que cela passionne.
Comme dans son chef d'œuvre " L'arbre monde", il y est aussi question de la nature, des animaux, de l'écologie.
Et enfin, Richard Powers sait aussi nous parler de science, d'intelligence artificielle sans que cela ne nous ennuie...
Terminons cette chronique avec l'adaptation en BD du roman post apocalyptique de Cornac McCarthy "la route".
Un père et un fils errent sur la route à travers un monde dévasté, se méfiant des autres, et toujours à la recherche de nourriture.
Le dessinateur français Marc Larcenet a su rester fidèle à l'œuvre et à l'ambiance angoissante dans des dessins réalistes soignés en noir et blanc.
Assez peu de mots entre le père et le fils mais un attachement viscéral.
C'est sombre, très sombre mais fort beau.
Bonnes et belles lectures !
J-C Togrège
25/10/2024