lundi 2 février 2026

CINE /// LE CHANT DES FORETS :un film admirable !

LE CHANT DES FORETS
de Vincent Munier


Dans ce film, Vincent Munier nous emmène dans la forêt des Vosges pour une ode à la nature. 

C'est la brume sur la forêt, une nuée d'oiseaux dans le ciel, la beauté des animaux comme la chouette nourrissant ses petits, des yeux apparaissant dans l'obscurité. Toute cette grâce, nous la devons à l'attente du réalisateur qui a su capter ces images d'une beauté exceptionnelle.

C'est aussi un film sur la transmission d'un grand-père à son petit-fils aussi bien lors des excursions en forêt que lors des discussions dans leur cabane en bois. Il y est question de l'importance de savoir attendre, regarder, écouter, s'émerveiller.





J'ai beaucoup aimé les dialogues qui sont simples mais profonds.

Quand le grand-père raconte sa plus belle rencontre avec le Grand Tétras, Simon est tout ouï. Pourra-t-il, lui aussi, rencontrer ce grand oiseau disparu des Vosges ?

"On est dans ce qui s'en va."



La bande son est aussi une réussite totale grâce au chant de la nature et à la musique des compositeurs.

Qu'ajouter d'autre si ce n'est qu'il y a une telle puissance émotionnelle dans ce film qu'une larme s'est glissée sur ma paupière lors des dernières images. Comme vous le savez, il y a des larmes de tristesse mais aussi de beauté.

Ce film m'a donné envie de retourner dans les Vosges, d'emmener mes petits-enfants dans les bois.

Et puis une émotion m'emmenant souvent vers la musique, j'ai pensé à une chanson de Hugues Aufray "la terre est si belle, le monde est si grand".

Cinéphilement vôtre

J-C Togrège
02/02/2026

jeudi 29 janvier 2026

Des lectures plurielles pour ce début d'année 2026

 DES LECTURES PLURIELLES POUR CE DEBUT D'ANNEE 2026

Ce début d'année aura été un mois avec des lectures très diverses, comme vous le pourrez le constater dans cette chronique.


Je commencerai par "Tant mieux" d'Amélie Nothomb : Autant j'avais été un peu déçu par son livre précédent ("l'impossible retour"), autant j'ai retrouvé l'autrice que j'apprécie dans ce conte consacré à sa mère. 

Cela commence par la petite enfance d'Odette qui, à 4 ans, va découvrir une grand-mère maternelle maltraitante chez qui elle adoptera la méthode du "tant mieux" pour survivre. Odette découvrira ensuite que sa mère est une tueuse de chats.

Comme souvent chez Amélie Nothomb, nous avons à la fois de l'humour et de la profondeur, de l'émotion avec des thèmes tels que les relations familiales, la résilience, la construction d'une identité, le deuil.



Autre format littéraire avec l'histoire du polar en bande dessinée : Le Polar (scénario de Claire Galand, dessin et couleur de Sandrine).

L'on peut saluer l'énorme travail de documentation qu'il a fallu pour le recensement des différents courants de ce genre et les auteurs marquants de chaque période.

L'aspect bande dessinée rend la lecture plus aisée que si cela avait été fait sous la forme d'un livre documentaire.

L'on y retrouve tous les héros que l'on connait (dont Maigret, Sherlock Holmes, Poirot et bien d'autres) ainsi que nombre d'écrivains.

C'est vraiment bien fait !



Janvier fut aussi une relecture d'un classique de l'anticipation:
Les Robots (tome 1) de Isaac Asimov.

Rappelez-vous les trois lois de la  Robotique :

"Première loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger".

"Deuxième loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi."

"Troisième loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi."

Pourquoi certains robots sont-ils déviants ? L'enquête commence en raisonnant avec ces trois lois.

Toujours aussi passionnant !


Ensuite, je me suis plongé dans un livre dont tout le monde parle et dont l'adaptation cinématographique est sortie récemment : La femme de ménage de Freida McFadden.

Eh bien, autant le style est plutôt banal, autant c'est prenant, bien ficelé avec beaucoup de rebondissements. A un moment, j'ai cru que ça allait glisser vers la romance mais pas du tout, ça prend un virage pour mieux nous emmener ailleurs.

Sans dévoiler l'histoire, c'est une jeune femme qui va être embauchée dans une famille pour s'occuper de la maison (ménage, repas). Une minuscule chambre lui est mise à disposition. 

Rien ne se passera comme elle pouvait l'imaginer...






Ce fut aussi un détour historique avec un livre consacré à Foucquet, ceci en liaison avec notre visite récente du château de Vaux-le-vicomte, dont il était propriétaire et qui rendit Louis XIV  jaloux.

Foucquet, surintendant des finances, fut un personnage très influent dans la seconde moitié du XVIème siècle, avant d'être emprisonné. 

Avec ce récit très documenté, l'on se dit que déjà à l'époque les magouilles, les crocs en jambe et autres coups tordus étaient déjà de mise dans la politique. C'est à celui qui voulait prendre la place de l'autre ! Entre Colbert et Foucquet la lutte fut âpre.

Si cela m'a fait penser à aujourd'hui, ce ne peut être que fortuit !



 

En ces temps belliqueux, cette chronique se terminera par un recueil de poésie de Jacques Thomassaint :
Les gens polis ne font pas la guerre à autrui.

" Moi je serai récupérateur de médailles
Sur les champs de bataille
Moi je serai enfermeur de mirlitaires
Dans des sacs à pommes de terre
Moi je serai emprisonneur de guerrifiques
Dans des grottes préhistoriques
Moi je serai libérateur de mots pacifiques
Partout et même en Antarctique
Moi je serai planteur de mots de paix
Jusque dans le ministère des bombardiers

Voilà de bien jolis métiers
En vérité"




Bonnes lectures !
J-C Togrège
29/01/2026

mercredi 14 janvier 2026

LIVRE /// LA SERVANTE ECARLATE : Une grande dystopie

LA SERVANTE ECARLATE
MARGARET ATWOOD



C'est après avoir vu Margaret Atwood à La Grande Librairie que j'ai eu grande envie de lire son roman " La servante écarlate" publiée en 1985.

Je place cette dystopie à une valeur égale à celles d'Aldous Huxley ("Le meilleur des mondes") ou George Orwell ("1984"), c'est dire !

Nous sommes dans une société totalitaire sous domination religieuse, un monde dans lequel la fertilité a chuté considérablement. 

Les femmes fécondes sont privées de liberté et réduites au rôle de ventre, en somme d'esclaves affectées à la reproduction. Vêtues de rouge, ce qui explique le titre du livre, elles sont livrées à des couples en attente d'enfant. 


C'est le cas de Defred qui va nous faire le récit de sa vie, alternant entre son passé, du temps où elle était encore libre, en couple avec Luke et maman d'une petite fille qui lui sera enlevée, et le présent où elle est sous la domination de l'Epouse et du Commandant (le couple de dignitaires auquel elle a été affectée).

La narration est très bien menée; c'est progressivement que nous prenons connaissance des règles de  " La  République de Galaad" et de la manière dont le basculement vers un monde totalitaire s'est produit. 

C'est une société avec des règles strictes, des définitions de rôle pour les individus selon leur condition, de la délation, de la peur, des exécutions publiques avec cette interrogation " Mais comment en est-on arrivé là ? "

Alors que le récit est prenant, c'est un livre que j'ai lu lentement, non seulement car j'en appréciais le style mais surtout parce qu'il pose plein de questions.

" La normalité disait Tante Lydia, c'est ce à quoi on est habitué. Peut-être que rien de tout ça ne vous paraît normal aujourd'hui, mais ce le sera au bout d'un moment. ça deviendra normal."

Méfions-nous de la normalité !

Bonne lecture

J-C Togrège
14/01/2026














dimanche 28 décembre 2025

Retour en lecture sur un salon du livre réussi

 RETOUR EN LECTURE SUR UN SALON DU LIVRE REUSSI



Revenons sur ce 1er salon du livre de Boult-sur-Suippe,  qui accueillit le dimanche 5 octobre 2025, vingt-huit auteurs locaux ou des départements limitrophes.

Outre l'affluence du public et l'ambiance conviviale qui y régna, c'est le moment de s'y repencher après avoir lu quelques uns des livres proposés.

Car un salon du livre, c'est cela aussi, rencontrer des auteurs moins médiatisés, échanger avec eux et lire des ouvrages qu'on ne trouve pas partout. 


 

Je commencerai par Chroniques Criminoïdes de Fabrice Defferard.

Nous sommes plongés dans un monde futuriste du XXIIème siècle où les robots sont partout, certains étant même affectés à la prostitution.

Le lieutenant Smog va devoir enquêter sur des destructions de robots. Il s'apercevra que S'hin, robot qui lui sert d'indic, a des dérèglements par rapport à sa programmation.

C'est bien écrit, les personnes sont intéressants et l'intrigue prenante. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi bien fait sur les robots, ce qui me donne envie de relire Asimov et ces trois lois de la robotique.





Autre univers avec "Au jeu du chat et de la souris" de Vincent de Laurent

Alors qu'il croyait avoir bien réglé la disparition d'un associé encombrant, Roberto Cassini va vite déchanter.

Un polar sur le thème du crime parfait ou presque avec chantage, trahison et complot. 

Quant à "l'arrière des berlines" (si le titre vous rappelle un tube de Bashung, c'est normal !), il s'agit de vol de diamants avec un jeune couple qui va de déconvenues en déconvenues, rien ne leur réussissant.

Dans les deux cas, c'est bien mené, nous sommes tenus en haleine. Des romans fort divertissants.




Changement radical de genre, mais c'est l'éclectisme qui fit tout le charme et l'intérêt de ce salon du livre avec Proverbes en vrac et en couleur de Jack Mathern.

Autant vous le dire, je dispose d'un certain nombre de ces recueils dont j'apprécie autant ses illustrations que ses textes et son humour.

Il nous avait dédicacé "Les Escapades du Cornichon" de la façon suivante : " L'humour, c'est comme le champagne, pratiqués avec modération (ou pas …) ça ne peut pas faire de mal. N'est-ce pas?

A consommer sans modération !





Poursuivons dans l'humour avec Souvenirs d'Autriche de Nona Lagié  (tomes 1 et 2).

Virginie va enfin faire son voyage de noces dont elle rêve depuis un moment. Tout est organisé pour que la découverte de l'Autriche soit parfaite. Bon, son mari est un peu moins enthousiaste mais il a compris qu'il n'y couperait pas. Et puis voilà qu'avant leur départ un secret de famille va éclater et bouleverser les rapports des uns et des autres.

L'autrice a pris le pari d'interpeller régulièrement les lecteurs sur les malheurs de Virginie, ce qui accentue la touche humoristique du récit.





Je terminerai en évoquant l'autrice demeurant à Boult-sur-Suippe, Christelle Saint Dizier dont j'aime la plume sensible et touchante au grès de toutes ses publications.

Dans son dernier ouvrage "A chaque printemps, tu renais" elle nous conte la vie de Gaspar qui dut quitter jeune son pays, le Portugal, pour venir travailler en France.

Parmi ses rencontres, je retiens tout particulièrement Augustine et l'Arbre qui deviendra son confident et toujours présent.

L'on y trouve de nombreux thèmes tels que la résilience, l'attachement aux racines, la reconstruction. Des poèmes, comme des respirations, parsèment le récit.

Une jolie histoire qui nous émeut.



Tous ces livres sont disponibles en prêt à la bibliothèque de Boult-sur-Suippe.

Bonnes lectures plurielles !

J-C Togrège
28/12/2025


lundi 15 décembre 2025

L'ESPRIT DE NOËL -1-

 L'ESPRIT DE NOËL


"Chaque fin d'année, rituel chaleureux
Noël nous convie au Miraculeux.
Oublié le froid de décembre rigoureux
Le cœur est au chaud s'il vibre heureux."


L'esprit de Noël, chacun le conjugue à sa façon selon ses envies et ses valeurs. Voici comment cela se vit chez nous.

C'est d'abord des changements dans notre intérieur, ce qui passe par de nombreux allers retours du grenier jusqu'aux pièces que nous allons embellir. Et là, l'on se dit que deux étages c'est haut !

Cela passe par le sapin (quelle couleur dominera cette année ?) mais pas uniquement.





Il y a la collection des Pères Noël de mon épouse qui s'agrandit d'année en année, même si l'on se dit : "Cette fois, c'est bon, nous en avons assez, il n'y a plus de place."

Néanmoins, tous les ans, un nouveau sujet rejoint les autres…




N'oublions pas les bonhommes de neige qui, eux, ont investi le couloir, terrifiés qu'ils sont par les cheminées. A chacun son territoire, n'est-ce pas ? 



Au Plaisir des Petits Bois en l'église d'Heutrégiville

L'esprit de Noël, c'est s'immiscer dans le répertoire des chansons de cette période.

Cela se traduit par des disques de Noël et des concerts soit en tant que musiciens soit en tant que spectateurs.



"Chants de Noël, ce que nous vous aimons !
Chaque fin d'année, nous vous revenons,
Fidèlement, vos refrains reprenons.

Au désenchantement, amer poison
Vous opposez un si bel horizon :
Fraternité et Espérance, osons !"


La crèche de l'église de Boult-sur-Suippe

L'esprit de Noël, c'est aller voir de belles crèches et contempler à la nuit tombée les vitraux illuminés des églises.

" Entre le bœuf et l'âne gris
Dort, dort, dort le petit fils
Mille anges divins, mille séraphins
Volent à l'entour de ce grand Dieu d'amour."

(chant de Noël datant du XVIème siècle)


 .




Bien évidemment, l'esprit de Noël c'est également (et c'est essentiel !) le repas familial permettant de réunir ceux que nous aimons. 

"Goûtons à la félicité essentielle
D'une réunion familiale heureuse
Autour d'une table endimanchée,
Près du sapin joliment décoré."

L'esprit de Noël c'est tellement de choses. 

C'est aussi parcourir les rues pour y contempler les illuminations et décorations installées par les communes et les habitants, ce qui fera l'objet d'une chronique ultérieure.

Joyeuses fêtes de Noël !

J-C Togrège
15/12/2025


samedi 6 décembre 2025

LIVRE JEUNESSE /// Le Père Noël qui n'aimait pas les cadeaux

 LE PERE NOËL QUI N'AIMAIT PAS LES CADEAUX

Texte de Sévérine de la Croix et Anthony Signol 
Illustrations de Pauline Roland


Envie d'un livre de Père Noël qui sorte des sentiers battus ? Alors optez pour cet album jeunesse de la série "qui n'aimait pas".

Faisons comme les enfants ! Avant de leur lire une histoire, je leur demande de regarder la couverture et d'imaginer ce qu'il peut bien se passer dans le livre.

L'on y voit un Père Noël bougon mais qui n'en demeure pas moins avoir une bonne tête. L'on peut penser qu'il n'est pas méchant mais qu'il en a ras le bol de tous les cadeaux qu'il doit distribuer. 

Un Père Noël en burn-out ?  



Eh bien, oui ! Le Père Noël est fatigué à l'avance d'avoir à distribuer tant de jouets de par le monde, alors il imagine des stratagèmes pour ne pas avoir à le faire. 

A chaque fois, il croit avoir trouvé la solution : miniaturiser les cadeaux, faire appel aux facteurs ou ses rennes pour faire le travail à sa place, créer des doubles de lui-même pendant qu'il part en vacances…

Au final, tout se révèle catastrophique, il n'y a que lui pour être l'homme de la situation. Et puis il s'apercevra que lézarder au soleil c'est bien mais que les enfants lui manquent.

Une histoire humoristique bien ficelée allant à contre courant de l'imagerie habituelle de l'homme en rouge avec des illustrations amusantes.

Je le conseille pour des enfants à partir de 5-6 ans car s'agissant d'un grand récit et demandant un recul par rapport au personnage de légende.

Bonne lecture !

J-C Togrège
06/12/2025

jeudi 4 décembre 2025

LA FILLE DE L'ESPAGNOLE de Karina Sainz Borgo

 LA FILLE DE L'ESPAGNOLE
De Karina Sainz Borgo


Un roman poignant et haletant qui se déroule dans un Venezuela en pleine guerre civile. L'économie s'effondre, la monnaie nationale ne vaut plus rien, trouver de la nourriture est difficile, la violence peut être à chaque coin de rue.

Encore toute bouleversée par le décès récent de sa mère, Adelaïda Falcon se fait chasser de son appartement par un groupe de femmes se réclamant de la révolution. Toutes ses affaires sont perdues, elle n'a plus rien !

Par hasard, elle va trouver refuge dans l'appartement de sa voisine qui vient de mourir. Elle va s'y cacher sans faire de bruit, à l'affut de tout bruit suspect …




J'ai été captivé par le parcours de survie de cette héroïne plongée dans la folie d'un pays en pleine dérive violente. C'est passer d'une vie normale à une vie où tout bascule, les repères disparaissent, la sécurité n'est plus, il faut se méfier de tout.

Outre cet aspect romanesque, de nombreux thèmes sont abordés : la filiation, l'identité, la résilience, la perte d'un pays, la bascule du quotidien.

C'est un livre très bien écrit qui sait faire comprendre la violence sans détails inutiles. Des passages avec des scènes familiales plus douces du monde d'avant alterne avec le présent devenu crainte permanente. 

Un livre fort qui reste en mémoire.

Bonne lecture !

J-C Togrège
04/12/2025