mardi 17 février 2026

LIVRE /// L'INVENTAIRE DES RÊVES de Chimamanda NGozi Adiche : attachant et profond

L'INVENTAIRE DES RÊVES 
Chimamanda NGozi Adiche 


Ce sera la troisième chronique que je consacrerai à cette autrice. Après "Americanah" et "L'autre moitié du soleil", c'est au tour de "l'inventaire des rêves" paru en 2025. 

Rien que le titre en soi est joli et prometteur !

De nouveau, j'ai été séduit par la qualité d'écriture, le souffle romanesque et la profondeur de ce gros roman de 650 pages. J'aime ces pavés qui nous font côtoyer longtemps leurs personnages et qui permettent d'aborder de nombreux thèmes  Entre deux lectures, l'on repense à ceux et celles qui nous sont devenus des familiers.

Il s'agit du récit de quatre femmes noires tantôt au Nigéria et tantôt aux Etats-Unis, quatre femmes fortes et vulnérables à la fois, portées par des rêves comme tout à chacun.


En quelques lignes la présentation sommaire de ces quatre personnages principaux :

Chiamaka : Très indépendante, d'une grande aisance financière, elle fait de nombreux voyages pour en faire des chroniques espérant être publiée.

Zikora : C'est la plus romantique. Elle aimerait se marier et avoir des enfants. Elle tombe sous l'emprise d'un homme qui la quittera. Elle se relèvera sans abandonner son rêve.

Omelogor : Cousine de la première, c'est une femme puissante dans le domaine de l'économie nigériane. Cependant elle quittera cette sécurité pour reprendre des études aux Etats-Unis.

Kadiaku : Contrairement aux autres personnages, elle n'a pas beaucoup d'argent. Elle partira en Amérique, y trouvera un emploi de femme de chambre et fera une mauvaise rencontre. Ce récit est inspiré de l'affaire de Nafissatou  Diallo.


Extrait :"Plusieurs jours se sont écoulés et pourtant je réfléchis à l'idée de faire semblant, et me demande pourquoi Tantie Jane pense que c'est mon cas. Ne fais pas semblant d'aimer la vie que tu mènes. Feindre d'aimer sa vie semble apporter si peu de bienfaits. Fait-on semblant vis-à-vis de soi ou seulement vis-à-vis des autres ? Si c'est aussi vis-à-vis de soi, le fait de feindre en devient-il, d'une certaine manière, réel ?  Les opinions des gens qui ne comptent pas à mes yeux me sortent en général facilement de la tête, alors pourquoi suis-je à présent à ce point obnubilée par les paroles d'une tante gâteuse ?"

vendredi 13 février 2026

L’OISEAU DÉPOSSÉDÉ de J-C Togrège

 

L’OISEAU DÉPOSSÉDÉ


Dessin de Jean-Jacques Dumont


C’est l’histoire d’un oiseau tout guilleret
A l’idée de revoir le pays où il est né.
Enfin ! le printemps va bientôt s’annoncer
De prendre son envol, il est grand temps.
Comme toujours le voyage sera long et épuisant
Mais au bout de sa route, il retrouvera son ami
Le vieux chêne où il pourra faire son nid.
 L’oiseau s’y voit déjà écoutant pépier ses petits,
Profitant du chant du vent dans le feuillage,
Il ne se lasse jamais d’y contempler le paysage.
il en oublie sa fatigue et redouble d’effort.

Enfin arrivé, affaibli, l’oiseau ne reconnait rien
Se pourrait-il qu’il se soit trompé de chemin ?
C’est impossible avec son sens de l’orientation
Ce n’est pas son premier retour de migration,
Non, c’est bien ici, mais il n’y a plus d’arbres.
Il ne reste que des souches, indices de l’infamie
D’une tragédie dont il connait le coupable.

Le pauvre oiseau dépossédé ne sait où aller
L’homme s’en gausse. Armé de sa tronçonneuse
Il continue à scier sans se soucier de la gent ailée.

J-C Togrège
13/02/2026




Constatant la frénésie lugubre avec laquelle les tronçonneuses sont en action dans nos villages, je n'ai pu m'empêcher de penser à l'oiseau revenant de son long voyage et ne trouvant plus son arbre où nidifier.

Pourquoi continuer à couper tant d'arbres alors que l'on sait pertinemment qu'ils sont indispensables pour notre environnement et nous-mêmes ? Rien n'y fait, on le sait, mais on continue à détruire.

Certes, quand un arbre est malade, il est légitime de l'abattre mais il serait aussi plus que judicieux d'avoir une vision d'avenir avec la replantation d'essences adaptées au changement climatique

 


Arbrement vôtre

J-C Togrège
14/02/2026


lundi 2 février 2026

CINE /// LE CHANT DES FORETS :un film admirable !

LE CHANT DES FORETS
de Vincent Munier


Dans ce film, Vincent Munier nous emmène dans la forêt des Vosges pour une ode à la nature. 

C'est la brume sur la forêt, une nuée d'oiseaux dans le ciel, la beauté des animaux comme la chouette nourrissant ses petits, des yeux apparaissant dans l'obscurité. Toute cette grâce, nous la devons à l'attente du réalisateur qui a su capter ces images d'une beauté exceptionnelle.

C'est aussi un film sur la transmission d'un grand-père à son petit-fils aussi bien lors des excursions en forêt que lors des discussions dans leur cabane en bois. Il y est question de l'importance de savoir attendre, regarder, écouter, s'émerveiller.





J'ai beaucoup aimé les dialogues qui sont simples mais profonds.

Quand le grand-père raconte sa plus belle rencontre avec le Grand Tétras, Simon est tout ouï. Pourra-t-il, lui aussi, rencontrer ce grand oiseau disparu des Vosges ?

"On est dans ce qui s'en va."



La bande son est aussi une réussite totale grâce au chant de la nature et à la musique des compositeurs.

Qu'ajouter d'autre si ce n'est qu'il y a une telle puissance émotionnelle dans ce film qu'une larme s'est glissée sur ma paupière lors des dernières images. Comme vous le savez, il y a des larmes de tristesse mais aussi de beauté.

Ce film m'a donné envie de retourner dans les Vosges, d'emmener mes petits-enfants dans les bois.

Et puis une émotion m'emmenant souvent vers la musique, j'ai pensé à une chanson de Hugues Aufray "la terre est si belle, le monde est si grand".

Cinéphilement vôtre

J-C Togrège
02/02/2026

PS Cocorico régional ! La rencontre du cerf et de la biche (photo de l'affiche) a été filmée dans la Marne