UNE HISTOIRE D'AMOUR ET DE VIOLENCE
de Olivier Bourdeaut
Olivier Bourdeaut est connu pour "En attendant Bojangles" qui fut un succès littéraire, théâtral et cinématographique. Il s'agissait d'une famille fantasque où tout devait être fête, poésie et insouciance.
Dans ce récit autobiographique, l'on peut dire que c'est le contraire avec une famille où règne la violence et le mal-être. Le père est dominateur, imprévoyant, tyrannique, alcoolique et en même temps charismatique.
Les sévices ne sont pas que physiques mais aussi psychologiques, deux formes aussi blessantes l'une que l'autre pour l'enfant que fut Olivier Bourdeaut. Comment se construire dans de telles conditions ? Comment sortir de ce cycle de la violence et surtout comment ne pas la reproduire en devenant à son tour père ?
Le paradoxe c'est qu'il ne règne pas que la violence dans cette famille, il y aussi de l'amour, de l'admiration, voilà le paradoxe: " J'ai toujours aimé cet homme. Même quand je voulais le tuer."
Olivier Bourdeaut décrit les sévices, les punitions, les coups qu'il recevait, tout cela sans pathos, avec une certaine forme d'humour, ce qui donne de la force à ce livre intimiste et introspectif.
"Nous sommes tous partis en claquant la porte, soit parce qu'il nous l'avait ouverte, soit parce qu'on ne pouvait plus respirer. Alors nous partions la nuit, nous courrions dans la rue avec des rires déments, des rires de soulagement. La liberté nous enivrait."
Ce récit m'a fait repenser à un autre portrait de père écrit celui-ci par Sorj Chalandon "Profession du père". Deux livres fort différents par ailleurs mais consacrés tous deux à une figure paternelle toxique.
Bonne lecture !
J-C Togrège
15/10/2026
15/10/2026
