samedi 9 juin 2018

14/18 /// PUTAIN DE GUERRE! -LE DERNIER ASSAUT : spectacle-concert de Tardi, Dominique Grange et Accordzéam

PUTAIN DE GUERRE ! - LE DERNIER ASSAUT - 
 
 
 
 
A partir des albums de bandes dessinées de Jacques Tardi consacrés à la 1ère guerre mondiale, il a été conçu un spectacle-concert : "Putain de guerre ! - Le dernier assaut".
 
Ce spectacle de grande qualité musicale, visuelle et littéraire est une charge réussie et efficace contre cette grande boucherie que fut 14/18.
 
 
 
   
En alternance, il y a des lectures de Jacques Tardi à partir de ses livres et des chansons interprétées par Dominique Grange  qui est accompagnée par les musiciens d'Accordzéam. Des dessins de l'auteur sont également projetés sur grand écran ce qui ajoute au réalisme des chansons.
 
L'on y retrouve des classiques telles que "la chanson de Craonne" et "la grève des mères" mais aussi des compositions récentes en écho à des scènes décrites par Jacques Tardi.
 
Il en résulte pour le spectateur une émotion intense face au calvaire vécu par les Poilus et un sentiment de révolte face à un haut commandement scélérat et incompétent. C'est la voix du petit peuple que l'on entend, celui qui fut réduit à de la chair à canon.
 
Ce spectacle donne envie de se replonger dans les BD de Tardi dont le graphisme et les textes sont exceptionnels.


 


 
 
 
 
 
 JC Togrège
09/06/2018
 
PS Ceci me permet de rendre hommage à Marc Ogeret décédé le 4 juin 2018 avec son interprétation de " la chanson de Craonne" :  https://www.youtube.com/watch?v=wGrdG85mmL0

vendredi 1 juin 2018

UNE LIBRAIRIE QUI FERME, C'EST BIGREMENT TRISTE !

UNE LIBRAIRIE QUI FERME, 
C'EST BIGREMENT TRISTE  !


La grande librairie indépendante du centre-ville de Reims vient de fermer ses portes, et je suis triste.

Certes, vous me direz que des magasins qui ferment, c'est quelque chose de courant, de banal. Bien sûr, mais une librairie, ce n'est pas une boutique comme une autre, c'est un lieu extraordinaire qui fait se rencontrer des livres et des lecteurs.

C'est un lieu où travaillent des passionnés du livre toujours prêts à échanger avec les clients, toujours là pour guider et favoriser la rencontre entre un auteur et un lecteur. Le libraire n'est pas un simple vendeur, c'est d'abord un amoureux de littérature !

Se promener dans une librairie, c'est quelque chose de spécial qui n'a pas grand chose à voir avec l'acte de consommation. Y aller, même en ayant en tête un titre, c'est savoir qu'on va en sortir avec peut-être celui qu'on cherchait mais sans doute avec d'autres.

L'on n'arpente pas une librairie comme les allées du supermarché, l'on feuillette des livres, l'on va d'un rayon à un autre puis on y revient, l'on est séduit par une tournure de phrase d'un auteur, l'on repense à un autre qu'on n'a pas lu depuis longtemps, l'on est attiré par le petit mot "coup de cœur" du libraire, en somme l'on flâne, l'on se trouve dans une bulle où les mots sont rois.

Et puis, dans les vraies librairies (en opposition à ces autres lieux où l'on se contente de vendre les best-sellers à la pelle), vous remarquerez qu'il n'y a pas de bruit ou très peu. Non seulement, l'on n'est pas perturbé par une musique d'ambiance aseptisée, mais les promeneurs sont calmes, posés, attentifs.

Comment vous dire la sensation de bien-être à se trouver dans un tel lieu, qui n'a rien à voir avec le simple fait de cliquer chez soi sur un site internet pour valider un achat ? D'un côté, c'est se trouver dans un lieu apaisant qui abrite et fait vivre les mots, de l'autre c'est un acte froid et déshumanisé...

Une librairie qui ferme, c'est bigrement triste !

JC Togrège
02/06/2018



jeudi 24 mai 2018

POESIE /// JACQUES PREVERT

JACQUES PREVERT
UNE POESIE A RETROUVER



Il fut un temps où tout lycéen ou étudiant avait dans son sac au moins un recueil de Jacques Prévert. C'était souvent "Paroles", mais pas uniquement. Malheureusement, je ne pense pas qu'on puisse en dire encore autant de nos jours car l'on n'entend plus guère parler de Prévert, et c'est bien dommage.

Sa poésie populaire et anticonformiste a conservé toute sa fraîcheur

Pour célébrer le 40ème anniversaire de sa mort, il est paru en 2017 un coffret de 3 CD intitulé "Ces chansons qui nous ressemblent".

En réalité, il écrivit peu de chansons en tant que telles mais nombre de ses textes furent mis en musique, notamment par Joseph Kosma.




Voilà un beau chemin pour renouer avec ce poète !

Deux CD rassemblent les "chansons" dont des standards incontournables : " Les feuilles mortes", "Barbara" mais aussi des titres moins connus ("Je vous salis ma vie", "Vie de famille"). 

L'on y retrouve les artistes qui ont popularisé le poète : Yves Montand, Mouloudji, Les Frères Jacques, Juliette Gréco ainsi que d'autres qu'on n'attendait pas ici. C'est le cas d'Arthur H, Iggy Pop, et Bob Dylan.

Quant au 3ème CD, c'est la bonne idée car il s'agit uniquement de poèmes lus, sans aucun accompagnement musical. Se plonger dans la poésie avec des voix et des interprétations comme celles de Serge Reggiani, Jeanne Moreau, Simone Signoret, Annie Girardot, Charlotte Rampling, Brigitte Fossey etc., c'est un régal qui accapare toute notre attention.

Ce coffret m'a ramené vert l'incontournable recueil "Paroles" où j'y ai redécouvert certains poèmes que j'avais oubliés.

Bon séjour en Poésie !



https://www.youtube.com/watch?v=ix-0Duee3ps

JC Togrège
24/05/2018

dimanche 20 mai 2018

JE NE LIS PAS POUR PASSER LE TEMPS


Je ne lis pas pour passer le temps

 
Je ne lis pas pour passer le temps mais pour enrichir mon temps.


J’aime à lire des romans qui s’incrustent en moi et que je n’oublie pas dans les quelques jours voire les quelques heures qui suivent.
J’aime penser aux personnages, qu’ils soient comme des êtres de chair, que leur sort m’intéresse, me révolte, m’interpelle ou m’inquiète.

Je ne lis pas pour passer le temps.

J’aime lire pour apprendre, découvrir, m’ouvrir l’esprit, me confronter à d’autres modes de pensée,  remettre en question mes certitudes, mes a priori, être moins fermé aux autres.
J’aime lire pour vivre d’autres vies, voyager dans quantité de pays et d’époques passées ou à venir, simplement en tournant la page et en fermant les yeux.

Je ne lis pas pour passer le temps.

J’aime les écrivains et les respectent. Ils se dévoilent à nous, prennent le temps de réfléchir au sens de la vie et décrypte le monde. Ils augmentent la saveur de notre vie.
Ils nous apportent tellement, nous leur sommes redevables de tant d’émotions, de vibrations, de richesses qu’il est bien normal qu’ils y gagnent en immortalité.

Je ne lis pas pour passer le temps.

J’aime lire et sortir grandi d’un livre , avoir l’impression d’être plus intelligent après avoir côtoyé un esprit brillant. Même si ce n’est qu’illusoire, qu’est-ce que cela fait du bien d’avoir les neurones en pétillance ! J’aime l’enthousiasme que suscite le livre.

Je ne lis pas pour passer le temps.

Je lis car c'est une nécessité, comme il en va de respirer ou de s'alimenter. Il m'est tout simplement impossible de concevoir une journée sans ma dose de pages lues. Ce serait un jour amoindri, appauvri et terne, un jour incomplet.
J’aime à repenser à mon arrière grand-mère qui, alors que presque centenaire, s’acharnait à lire son journal à l'aide d'une loupe. Elle déchiffrait les mots un par un, mais continuait à lire car lire c’est vivre pleinement, c'est être présent au monde !

Je ne lis pas pour passer le temps mais pour enrichir mon temps.

 

JC Togrège
20/05/2018

 
PS Le titre de cette chronique est une paraphrase de la chanson du grand Jean Ferrat : "Je ne chante pas pour passer le temps"
PS 2  25/05/2018 : Texte écrit avec enthousiasme de retour de Belgique pour le prix Horizon auquel nous avons participé avec le comité de lecteurs de Bazancourt.

 

 

samedi 19 mai 2018

LIVRE /// CYRANO DE BERGERAC : Une pièce qui touche au génie !!!

CYRANO DE BERGERAC
EDMOND ROSTAND


Dans l'émission "La Grande Librairie", Jacques Weber a déclamé la tirade "Non, merci !" avec un tel talent que j'ai pensé comme une évidence  : "Il faut que je relise Cyrano de toute urgence !". Cela s'imposa à moi d'autant plus que le livre se trouvait dans ma PAL depuis un moment.

Autant je me rappelais bien la tirade du nez, autant j'avais oublié celle-ci qui est pourtant d'une grande profondeur et qui se termine par cette réplique  ": Fais tout haut l'orgueilleux et l'amer, mais, tout bas, dis-moi simplement qu'elle ne t'aime pas". C'est magnifique !

Et puis, quel comédien fabuleux que ce Weber qui, sans excès, sans sur-jouer (le risque avec ce type de tirade) a su nous livrer la profondeur du personnage de Cyrano et nous toucher immédiatement.


https://www.facebook.com/LaGrandeLibrairie/videos/vb.512305502130115/2140692665958049/?type=2&theater

Comment vous dire l'extrême plaisir que j'ai eu relire cette magnifique plume d'Edmond Rostand ? Comme j'aimerais le partager avec vous !

Cela touche au génie, je ne vois pas comment le dire autrement.

Les vers sont sublimes, l'histoire est passionnante (bien sûr on la connait tous, mais ce n'est pas grave, l'on y replonge) et le personnage de Cyrano est extraordinaire. Comment ne pas utiliser de superlatifs en parlant de cette œuvre, c'est là la plus grande difficulté.

Ainsi que l'a dit Weber, ce personnage a du panache !

J'ai relu cette pièce dans une édition Hachette de 1939 avec des illustrations de Pierre Lissac.

Ce livre appartint à mon grand-père paternel ce qui apporta un plus à ma lecture. Se dire que les mains d'un ascendant tinrent ce volume entre ses mains, qu'il dût y trouver du contentement, apporta une touche supplémentaire à ce moment. Et si les livres conservaient en eux les émotions de ceux qui les ont parcourus, ce serait beau, non ?

J'ai retrouvé également une autre pièce d'Edmond Rostand "l'Aiglon", que je ne connais pas et que je vais me hâter de découvrir.

Je l'attendrai debout et l'épée à la main


Bonne et belle lecture

JC Togrège
20/05/2018
Les livres sont nos amis pour la Vie !





mercredi 9 mai 2018

CHANSON /// LES LACS DU CONNEMARA : Les coulisses d'une chanson

LES LACS DU CONNEMARA
 
Paroles :Michel Sardou et Pierre Delanoë
Musique : Jacques Revaux





A quoi cela tient-il que certaines chansons traversent les décennies et soient connues de toutes les générations?

Quelle alchimie bizarre prévaut à un tel succès continu ?

La rencontre d'une mélodie et d'un texte devenus inséparables suffit-elle à expliquer ceci ?

Pourquoi une chanson plus qu'une autre rentre -t-elle dans le cœur et/ou la tête des gens ? Je ne parle pas ici des rengaines obsédantes dont on n'arrive pas se débarrasser, c'est autre chose !



Qu'on l'aime ou non, c'est le cas de ce titre de 1981 de Sardou qui est aussi bien chanté par les enfants (les Kids United en ont fait une reprise en 2017, ce qui assure une relance de renommée chez les plus jeunes) que par les anciens dans les maisons de retraite.

Certes, l'on n'est pas ici dans le registre provocateur du chanteur mais dans celui qui se veut largement plus consensuel.

En connait-on pour autant les paroles ?



Il m'en revient spontanément quelques bribes ""Terres brûlées au vent", quelques phrases aussi "Maureen a plongé  nue dans un lac", "Maureen a dit oui", "La folie ça se danse !"  et bien sûr "Là bas au Connemara"... mais guère plus.

Jusqu'à récemment, je n'avais pas compris qu'il y était parlé d'un mariage. C'est dire l'importance de la sonorité des mots qui l'emporte sur le sens même, la musique et l'orchestration y contribuant largement.

Reconnaissons que ce titre a eu le mérite de nous faire connaître une région d'Irlande, ce qui est amusant quand on songe que l'idée première était de parler d'Ecosse.

Michel Sardou a raconté l'origine des "Lacs du Connemara". Pierre Delanoë et Jacques Revaux s'étaient rendus chez le chanteur pour écrire de nouvelles chansons. Le synthé de Revaux avait mal supporté le voyage et quand il en a joué, le son émis leur fit penser à la cornemuse. Cela donna l'idée d'une composition sur l'Ecosse.

Mais voilà, ils ne trouvèrent pas de documents touristiques sur l'Ecosse mais sur l'Irlande. Qu'à cela ne tienne, la cornemuse est un instrument qui se pratique dans les deux pays. Et comme Connemara ça sonnait bien, la chanson pouvait naître.

Ce qui est amusant en lisant le texte, c'est qu'on peut penser que l'idée de l'Ecosse resta tout de même sous-jacente en eux, avec ce qui peut ressembler dans les paroles à une évocation du monstre du Loch Ness qui, comme nous le savons tous, joue à cache à cache dans un lac écossais et non irlandais...

" On y croit encore aux montres des lacs qu'on voit nager certains soirs d'été et replonger pour l'éternité"

Alors qu'aucun des trois n'avait jamais mis les pieds dans cette région, trente ans plus tard, Michel Sardou reçut de l'ambassadeur d'Irlande, les "Clefs du Connemara" pour le remercier de la notoriété que la chanson fit rejaillir sur le Connemara.

Musicalement vôtre

JC Togrège
09/05/2018


dimanche 6 mai 2018

LIVRE /// DES NOEUDS D'ACIER DE SANDRINE COLLETTE




DES NOEUDS D’ACIER

DE SANDRINE COLLETTE



Suite à ma lecture de "Six fourmis blanches", je publie ma chronique écrite en 2014 consacrée au  premier roman de Sandrine Collette.
 

Les amateurs de thriller et de polar seront séduits par ce roman qui devient captivant passé les 50 premières pages. Le récit décolle alors complètement et nous plongeons dans l’horreur !

L ’on se croyait dans du déjà lu, une histoire classique d’un homme sortant de prison, voulant se venger de son frère et retrouver sa petite amie. Jusque là rien de très original si ce n’est que ce Théo va tomber dans un piège et devenir l’esclave, au sens strict du terme, de deux vieux  cinglés dans un lieu isolé, en pleine montagne. 

Il sera enchainé dans une cave, traité comme un chien (d’ailleurs ses geôliers l’appellent le « chien ») et devra s’acquitter de toutes les sales besognes inimaginables. Rien ne lui sera épargné : les coups, les tortures psychologiques, le rabaissement au rang d’animal, les longues heures de travail.

 
 
Extrait : « Nul besoin d'un miroir : mes doigts suffisent à me renvoyer une image terrifiante. Je ne suis plus qu'un reste d'humanité. Une entité qui ne pense qu'à manger, boire et dormir, à éviter les coups, et à se relever le lendemain. Les vieux avaient raison. Je ne vaux pas beaucoup plus qu'un chien. Je ne suis même pas affectueux. Je suis de la race de ces bêtes galeuses qu'on attache au bout d'une chaîne et que personne ne veut plus caresser. Ce que je suis devenu c'est aux vieux que je le dois. Toute ma souffrance et toute ma déchéance, ce sont eux qui les ont faites. J'espère de toutes mes forces qu'il existe quelque chose au delà qui pourra me venger. Au nom de la haine qui me sera restée jusqu'au bout, même sans force, et sans volonté. Un peu de justice. »

 Alors qu’au départ le personnage est plutôt antipathique, on rentre en empathie avec lui de par toutes les souffrances qui lui sont infligées. L’on espère qu’il parviendra à échapper à ce cauchemar car il conserve en lui l’espoir infime de pouvoir s’évader.

 C’est un livre sur la déchéance, la séquestration, la déshumanisation.

 En terme de filiation de récit, cela lorgne un peu du côté de « Misery » de Stephen King.

Le style est percutant et convient parfaitement à la montée de l’angoisse. Et puis la narration renforce ce sentiment car écrit comme un journal et présenté comme un fait divers réel.

 Extrait « Parfois j'ai encore du mal à croire qu'il y a des hommes assez fous pour en arriver là ; et pourtant j'en ai vu défiler, des détraqués, en vingt ans d'expérience. Tous m'ont prouvé, les uns après les autres, que les histoires vraies dépassent l'imagination dans ce que l'homme peut avoir de déséquilibré et de dangereux. »

Tout semble si réaliste et crédible qu’une fois le livre terminé, je me suis jeté sur internet pour en avoir le cœur net. Je ne vous dirai pas le résultat de cette recherche... Alors vrai fait divers ou pas ?


Ce livre, qui est un premier roman, a obtenu le « grand prix de littérature policière 2013 » et « le prix des lecteurs 2014 »


 Je vous souhaite de belles lectures.
 


JC Togrègeµ05/10/2014