samedi 6 décembre 2025

LIVRE JEUNESSE /// Le Père Noël qui n'aimait pas les cadeaux

 LE PERE NOËL QUI N'AIMAIT PAS LES CADEAUX

Texte de Sévérine de la Croix et Anthony Signol 
Illustrations de Pauline Roland


Envie d'un livre de Père Noël qui sorte des sentiers battus ? Alors optez pour cet album jeunesse de la série "qui n'aimait pas".

Faisons comme les enfants ! Avant de leur lire une histoire, je leur demande de regarder la couverture et d'imaginer ce qu'il peut bien se passer dans le livre.

L'on y voit un Père Noël bougon mais qui n'en demeure pas moins avoir une bonne tête. L'on peut penser qu'il n'est pas méchant mais qu'il en a ras le bol de tous les cadeaux qu'il doit distribuer. 

Un Père Noël en burn-out ?  



Eh bien, oui ! Le Père Noël est fatigué à l'avance d'avoir à distribuer tant de jouets de par le monde, alors il imagine des stratagèmes pour ne pas avoir à le faire. 

A chaque fois, il croit avoir trouvé la solution : miniaturiser les cadeaux, faire appel aux facteurs ou ses rennes pour faire le travail à sa place, créer des doubles de lui-même pendant qu'il part en vacances…

Au final, tout se révèle catastrophique, il n'y a que lui pour être l'homme de la situation. Et puis il s'apercevra que lézarder au soleil c'est bien mais que les enfants lui manquent.

Une histoire humoristique bien ficelée allant à contre courant de l'imagerie habituelle de l'homme en rouge avec des illustrations amusantes.

Je le conseille pour des enfants à partir de 5-6 ans car s'agissant d'un grand récit et demandant un recul par rapport au personnage de légende.

Bonne lecture !

J-C Togrège
06/12/2025

jeudi 4 décembre 2025

LA FILLE DE L'ESPAGNOLE de Karina Sainz Borgo

 LA FILLE DE L'ESPAGNOLE
De Karina Sainz Borgo


Un roman poignant et haletant qui se déroule dans un Venezuela en pleine guerre civile. L'économie s'effondre, la monnaie nationale ne vaut plus rien, trouver de la nourriture est difficile, la violence peut être à chaque coin de rue.

Encore toute bouleversée par le décès récent de sa mère, Adelaïda Falcon se fait chasser de son appartement par un groupe de femmes se réclamant de la révolution. Toutes ses affaires sont perdues, elle n'a plus rien !

Par hasard, elle va trouver refuge dans l'appartement de sa voisine qui vient de mourir. Elle va s'y cacher sans faire de bruit, à l'affut de tout bruit suspect …




J'ai été captivé par le parcours de survie de cette héroïne plongée dans la folie d'un pays en pleine dérive violente. C'est passer d'une vie normale à une vie où tout bascule, les repères disparaissent, la sécurité n'est plus, il faut se méfier de tout.

Outre cet aspect romanesque, de nombreux thèmes sont abordés : la filiation, l'identité, la résilience, la perte d'un pays, la bascule du quotidien.

C'est un livre très bien écrit qui sait faire comprendre la violence sans détails inutiles. Des passages avec des scènes familiales plus douces du monde d'avant alterne avec le présent devenu crainte permanente. 

Un livre fort qui reste en mémoire.

Bonne lecture !

J-C Togrège
04/12/2025



lundi 24 novembre 2025

LE CHATEAU DE VAUX-LE-VICOMTE : Le grand Noël

 

LE GRAND NOEL
AU CHATEAU DE VAUX-LE-VICOMTE


Nous avons poursuivi notre thématique de l'année sur les châteaux.

Après Chantilly, Blois, Chambord, le Castel de Vassinhac et le château de Chenonceau, ce fut au tour de celui de Vaux-le-Vicomte (situé à Maincy en Seine et Marne), chef d'œuvre de l'architecture classique du XVIIème siècle.



Cette visite se déroula dans un cadre différent puisque s'inscrivant dans la magie de Noël, avec une arrivée en milieu d'après-midi et un départ après le dîner.



Magie de Noël car les salles visitées y étaient consacrées, ce qui nous plongea dans une véritable féérie et cela de pièces en pièces, toutes joliment décorées.

"Chaque fin d'année, rituel chaleureux
Noël nous convie au miraculeux.
Oublié le froid des mois rigoureux
Le cœur est au chaud s'il vibre heureux.
"







L'océan des songes : une vision onirique

Le Grand Salon nous réserva une magnifique surprise, la décoration en ayant été confiée à Junior Fritz Jacquet, sculpteur d'océans et maitre d'Origami.

L'origami est cet art du pliage du papier qui nous vient de la Chine et du Japon, et qui remonte à bien loin.










La bibliothèque a retenu fortement mon attention, mais comment en aurait-il pu être autrement ?

Quelle belle vision qu'une bibliothèque remplie de livres ! 
Je l'ai déjà dit par ailleurs ?
Ah oui, je radote, mais c'est tellement vrai !

Partir en rêve en compagnie d'un livre…



Nous eûmes aussi droit à parcourir les sous-sols.

Nous aperçûmes bien la cave mais c'était fermé par des grilles cadenassées…




A l'issue de cette visite en intérieur, nous avons parcouru le parc illuminé et avons assisté à une projection sur 1000 m2 de façade. 

Autant dire que nous en avons pris plein les yeux, émerveillés comme des enfants devant un sapin entouré de cadeaux.





Enfin, vint  le moment du succulent repas avec un petit vin blanc que nous avons pu déguster sans risque, le retour se faisant en car.



"Fouquet me fit voir en songe un palais magnifique, des grottes, des canaux, un superbe portique, des lieux que, pour leurs beautés, j'aurais pu croire enchantés, si Vaux n'était pas au monde." Jean de la Fontaine


Bon voyage !

J-C Togrège
24/11/2025

mercredi 19 novembre 2025

CINE /// NINO de Pauline Loques

 NINO de Pauline Loques

avec Théodore Pellerin, William Lebghil,
Salomé Dewaels, Jeanne Balibar


Nino, 29 ans, apprend lors d'un examen de routine qu'il est atteint d'un cancer. 

Nous sommes un vendredi. Etant prioritaire du fait de son jeune âge, il doit commencer son traitement dès lundi. 

C'est alors que commence sa déambulation dans Paris tout au long du week-end. Comment accepter cela, c'est si inattendu ? comment l'annoncer à son entourage, lui garçon plutôt introverti qui intériorise beaucoup ?

Nous allons le suivre dans ses rapports avec sa mère, son meilleur copain, une ancienne amie d'enfance retrouvée par hasard.



Théodore Pellerin incarne parfaitement ce grand garçon dégingandé, assommé par ce qui lui tombe dessus. 

Pas de pathos ou de mise en scène dramatique dans ce film qui sonne juste et vrai. L'on y trouve de la profondeur, de l'humanité, de la sensibilité et de la légèreté également. 

Une bonne surprise que cette première réalisation de Pauline Loquès avec une distribution d'acteurs et d'actrices parfaite !

Cinéphilement vôtre

J-C Togrège
19/11/2025


PS : Merci à Jacotte et Jean-Jacques de nous avoir permis de voir ce film.



mercredi 5 novembre 2025

CINE /// MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL

 MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL
de Sylvain Chomet

avec les voix de Laurent Laffite, 
Géraldine Pailhas, Thierry Garcino


Ce film d'animation retrace la vie de Marcel Pagnol  (1895/1974) qui fut successivement dramaturge, cinéaste puis écrivain, avec cette faculté rare d'une réussite sur les trois tableaux. 

Les difficultés, les épreuves et échecs ne sont pas éludés; cela montre la force de caractère qu'il fallut au Monsieur pour réussir dans des registres différents.

Le récit commence de façon très originale avec la rencontre de Marcel Pagnol vieillissant avec l'enfant qu'il fut, ce qui lui permet de se plonger dans ses souvenirs.

Une autre très bonne idée est à saluer, celle consistant à mêler de vrais extraits de films de Marcel Pagnol aux images d'animation. Ainsi nous pouvons revoir Fernandel, Raimu, Orane Demaziz, Jacqueline Bouvier et tant d'autres acteurs excellents ayant tourné sous sa direction.


Ce film est plein de tendresse, de sensibilité, de poésie et de luminosité.
Les dessins joliment rétros conviennent parfaitement pour récréer le décor de l'époque.



A l'issue de la projection, l'on a envie de relire ses livres sur ses souvenirs d'enfance (4 tomes), de revoir ses pièces de théâtre et ses films. 

Pour ma part, je me suis replongé dans une biographie écrite par Raymond Castans qui était un ami de Marcel Pagnol. 

Ce livre " Il était une fois ... Marcel Pagnol' , paru en 1978, contient de nombreuses photos, gravures et documents. 

Un très bel ouvrage !


Cinéphilement vôtre

J-C Togrège
05/11/2025


PS Un regret quant au choix de la musique de fin au générique.



samedi 25 octobre 2025

L'OREILLE ABSOLUE d'Agnès Desarthe

 L'OREILLE ABSOLUE
Agnès Desarthe


Ce livre commence par une scène formidable se déroulant lors d'un conseil municipal d'une commune rurale.  Le maire annonce le problème majeur du moment, à savoir qu'on ne sait plus où les mettre.

Mais qui donc ? Eh bien, les morts, car le cimetière est plein et pas extensible. Et puis il y a tous ceux qui n'ont pas renouvelé leur concession et qui "sont logés gratis".

Alors, le tant de trouver une solution, le maire décrète : "il faudrait que les gens arrêtent de mourir."

Ensuite, le roman prend une tournure à laquelle je ne m'attendais pas, sans un véritable développement de cette problématique, si ce n'est que l'hiver n'arrive pas, que la saison semble bloquer et que personne ne meurt.

Ce préambule permet ensuite à l'autrice de dresser de nombreux portraits de personnes qui ont un seul point commun, celui de faire partie de l'Harmonie du village. Et là, reconnaissons qu'elle maîtrise bien le sujet musical (les codes, les termes), ce qui justifie parfaitement le titre du roman. L'on verra qui parmi les personnages a ce don de l'oreille absolue.

Par certains aspects, le récit m'a fait penser un peu au film "La fanfare" qui met aussi en valeur la musique pratiquée par des non professionnels.

Les portraits sont admirablement dressés avec une écriture à la hauteur.

C'est un livre qu'il ne faut pas lire trop vite, raison pour laquelle je l'ai relu une seconde fois. Ne vous attendez pas à une histoire à rebondissements ou autres, c'est plutôt comme une partition où chacun vient faire sa partie, où il y a un refrain, des développements.

C'est aussi le retour au village d'une petite fille que personne ne voyait et qui trouvait son plaisir dans la musique, confectionnant avec les moyens du bord (ferraille et autre) des instruments.

Musicalement vôtre.

J-C Togrège
25/10/2025

PS Lors de l'émission La Grande Librairie du 29 octobre, j'ai appris que Agnès Desarthe jouait de la flûte traversières. 






mercredi 15 octobre 2025

LIVRE /// LA LETTRE ECARLATE de Nathaniel Hawthorne : l'un des premiers romans américains

 LA LETTRE ECARLATE
NATHANIEL HAWTHORNE


Ce livre figurait depuis un moment sur ma PAL (pile à lire).

J'avais déjà tenté à deux reprises de le lire mais bloquai rapidement au bout de 5 à 7 pages.  Contournant le problème, la 3ème fois, je décidai de passer la longue introduction intitulée "Le bureau des Douanes" pour aller directement au texte. 

Et ça changea tout, puisque j'ai pu aller jusqu'au bout et que j'ai fortement apprécié tant le style que l'histoire.

Il s'agit de l'un des tout premiers romans américains paru en 1850.




La lettre écarlate, c'est ce A cousu sur le vêtement de Hester Pryne pour la désigner comme une femme adultère devant vivre au ban de la cité. Nous nous trouvons dans une communauté puritaine d'une colonie située au Massachusetts. Les Puritains étaient des protestants "intégristes" qui voulaient construire une société très stricte sur le plan religieux, en somme des gens austères et plutôt fermés.

Hester Pryne, dont le mari a été déclaré disparu, a donc eu une liaison avec un homme dont elle ne veut pas révéler l'identité, et de qui elle a eu une fille.

Elle va faire de ce A qui la désigne comme impure quelque chose d'autre, recouvrant artistiquement cette lettre de fils d'or, car elle est très habile couturière. Son A va changer de sens, car malgré cette mise à l'écart, elle va aider son prochain. Alors A comme altruisme, comme ange, aidante  ? A chacun d'y associer ce qui correspond le mieux à cette héroïne.

J'ai apprécié le style de cet auteur avec ses longues phrases et cette façon ancienne d'écrire. Certains trouveront peut-être cela ampoulé, pour ma part, je considère que c'est littéraire.

J'ai aimé aussi cette figure féminine forte dans un roman à la fois historique et pamphlétaire à l'égard de l'hypocrisie morale de son époque.

En conclusion, un beau roman que je vous recommande.

Une fois celui-ci terminé, je suis revenu à la longue introduction où l'auteur parle de l'ennui que fut le sien quand il travaillait dans un bureau de douane. Un ennui que j'ai ressenti aussi, même si certains passages sont intéressants.

Extrait "J'incline à penser que l'instant où un homme se fait couper la tête* est rarement le plus agréable de sa vie. Mais, et cela vaut pour la plupart de nos malheurs, même un événement aussi grave porte avec lui son remède et sa consolation, pour peu que la victime veuille bien tirer le meilleur parti, et non le pire, de l'accident qui lui arrive".

Bonne lecture !

J-C Togrège
15/10/2025

* Par "couper la tête", il faut entendre "perdre son poste de travail"