jeudi 8 juillet 2021

LIVRE /// LA TRAVERSEE DES TEMPS - PARADIS PERDUS - ERIC EMMANUEL SCHMITT

 LA TRAVERSEE DES TEMPS
VOL. 1 - PARADIS PERDUS
ERIC-EMMANUEL SCHMITT


Un projet d'une folle ambition : raconter l'histoire de l'humanité en 8 volumes !


C'est le travail monumental auquel s'est attelé Eric-Emmanuel Schmit. L'ampleur de la tâche est telle que l'on se demande mais comment va t-il faire ? 

Pour ma part, je l'apprécie tout particulièrement pour ses nouvelles et ses pièces de théâtre dont le format n'est pas le même du tout.

"Paradis perdus" est le 1er volume de la saga pour la période allant du Néolithique au déluge.

Le récit commence avec l'histoire de Noam. 
Il est le jeune fils du chef Pannoam à l'aura certaine et auquel il devra succéder un jour.



Nous voilà dans le monde de la préhistoire....Et nous voilà embarqués car bien sûr c'est un conteur hors pair !

Dans ce pavé de plus de 500 pages, l'on ne s'ennuie pas. Il y a des personnages attachants et bien campés, de l'aventure, de l'intrigue, des sentiments, des rebondissements.

Au fil des pages, l'on perçoit bien de temps à autre le clin d'œil de l'auteur sur des sujets contemporains. D'ailleurs les notes de bas pages, assez nombreuses, sont fort judicieusement placées.

J'ai aimé aussi la manière d'expliquer l'origine des légendes...

Surtout, je vous avouerai le grand plaisir que j'ai eu à rencontrer de temps à autre l'imparfait du subjonctif, ce qui est bien rare dans la production contemporaine actuelle. 

Ne vous y trompez pas, ce n'est pas du pédantisme mais seulement la preuve de la richesse extraordinaire de notre langue que maîtrise à l'absolu Eric-Emmanuel Schmitt. 

Ne trouvez pas vous dommage que tombent en désuétude certaines formes des modes du conditionnel et du subjonctif ?

Un livre sans franglais 
Un livre superbement écrit
Cela fait du bien !

Bonnes et belles lectures estivales.

J-C Togrège

PS : Merci à ma sœur de m'avoir fait découvrir ce roman


mercredi 23 juin 2021

LIVRE /// DES DIABLES ET DES SAINTS : un roman de Jean-Baptiste Andréa


 DES DIABLES ET DES SAINTS
JEAN-BAPTISTE ANDREA


Mais qui est donc ce vieux Monsieur qui joue merveilleusement des pièces de Beethoven sur les pianos publics des gares ?

Ne mériterait-il pas d'être sur la scène d'une grande salle ? 

Et si c'était son choix ?
Pour une raison connue de lui seul ?
Comme un rendez-vous attendu depuis 50 ans ?

Cela nous sera révélé à travers le récit de son enfance dans un orphelinat religieux du début des années 70 où la discipline était largement excessive et destinée à casser tout esprit d'indépendance. Une autorité qui s'appuyait sur des sévices corporels et psychologiques !


Dans cet univers malfaisant, quelques enfants créent une société secrète dont la devise est "chacun pour soi !", ce qui en dit long sur la façon dont ils vivaient dans cet établissement.

L'auteur sait habilement reconstituer l'univers de l'enfance maltraitée, le ton est juste, sans misérabilisme. Des amitiés vont se nouer, des rencontres déterminantes vont avoir lieu, des tentatives d'évasion vont naître car la résignation n'est pas de mise, et tout cela nous passionne.

Et puis, il y aussi les échanges entre l'élève et son professeur de piano.
Alors que l'enfant se désespère de pouvoir jouer comme lui, arrivera une réponse marquante que je vous laisse découvrir dans le roman, tant elle est forte.

Le style fluide du romancier se prête bien à la vivacité de l'enfance et fait éclore en nous de belles émotions.

Un beau moment de lecture récompensé par le Grand Prix RTL Lire Magazine de 2021.

J-C Togrège
23/06/2021

samedi 22 mai 2021

ALBUM JEUNESSE /// L'ARBORETUM - Voyage au pays des arbres -

 L'ARBORETUM
Voyage au pays des arbres

Texte de Nancy Guilbert
Illustration d'Anna Griot



Misons sur les enfants pour le respect de l'arbre et de la nature en général car reconnaissons-le, du côté des adultes la conscience peine à s'éveiller.

Nous savons mais n'agissons pas en conséquence ou si peu.

Partout la déforestation et la maltraitance de la biodiversité !

A travers des livres comme celui-ci, c'est un apprentissage à ouvrir les yeux sur les splendeurs du monde.

Un oiseau emmène un enfant en voyage à la découverte d'un monde merveilleux peuplé de personnages extraordinaires : des arbres majestueux, hors normes, inattendus.


L'album alterne entre deux doubles pages consacrées au récit et deux autres consacrées aux arbres : les gigantesques (séquoia, baobab africain), les très vieux (l'Olivier millénaire de Roquebrune, El Drago Milenario), les arbres loufoques (l'arbre concombre), les arbres aux senteurs particulières, etc. Il y est également fait la part belle aux fruits et fleurs.

L'écriture est très sensible, poétique avec un vocabulaire de bonne tenue qui sait rester accessible aux enfants à partir de 6 ans. 

Quant aux magnifiques illustrations chatoyantes elles invitent à la contemplation, à l'émerveillement.

Cet album jeunesse de grande taille qui est une véritable ode à la beauté des arbres.

Bonne lecture.


J-C Togrège
22/05/2021



samedi 15 mai 2021

ENTRE LA PIERRE ET LA PLUME - IAM : Est-ce que je danse le MIA ?

 ENTRE LA PIERRE ET LA PLUME
IAM (avec Jean-Baptiste Bouthier)


Cette chronique va sans doute vous surprendre, non ? 

Me voyez-vous en danseur de Mia ?
Non ?  Ah bon !
Eh bien moi non plus...

Quant au rap, c'est un style musical dont je ne supporte pas le tempo et pas trop le flow non plus.

Mais alors ? Mais alors ? Mais alors ? 

Comment aurais-je pu passer à côté de cette publication alors que mon fils ainé est super fan de ce groupe ? S'intéresser aux autres, c'est aussi prêter attention à ce qu'ils aiment. 

Et puis, je dois avouer que je préfère nettement lire ce témoignage plutôt que d'en écouter les disques.  Vous connaissez maintenant mes limites.


Ce groupe a déjà  plus de 30 ans d'existence et publié 10 albums sans tenir compte des expériences en solo. 

Si "je danse le mia" date de 1994, le groupe  est né à Marseille en 1988.
Je cite la ville car ils y sont très attachés.

Comme tous les chanteurs et musiciens, ils ont eu une période fort médiatisée avec beaucoup de passages radio et puis une autre moins exposée. Cela ne signifie pas que les artistes ne se produisent plus ou ne sortent pas de disques. IAM précise d'ailleurs qu'il fait toujours salle comble lors de ses tournées.

Ce livre est un témoignage collectif des membres du groupe qui sont des amis depuis fort longtemps : Akhenathon, Imhotep, Kephren, Kheops et Shurik'n. Des pseudonymes de taille !

Disons-le de suite, tous ont une haute considération pour leur travail utilisant fréquemment le terme de "art" pour le désigner. L'on y apprend ce qui se cache derrière le sampling, sa pratique et les droits d'auteur qui y sont associés.

Ils prêtent une attention soutenue aux mots qu'ils utilisent, n'hésitant pas à utiliser du vocabulaire peu  commun, tout en revendiquant des textes proches de l'oralité. Si l'on n'est pas de leur univers et de leurs références, cela peut parfois paraître hermétique. Ils revendiquent le fait de participer à "faire du français ce qu'il a toujours été, une langue vivante." 

Pour quelqu'un comme moi qui connait peu leurs titres, cela permet de mieux comprendre la démarche du groupe et les différents thèmes sociétaux abordés.

Musicalement vôtre

J-C Togrège
15/05/2021



lundi 3 mai 2021

LIVRE /// UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE : Le 1er roman de Marguerite Duras

UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE
MARGUERITE DURAS

Il est des auteurs vers lesquels l'on aime à retourner, comme des valeurs sûres dont on ne peut pas être déçu.

Il en est ainsi de Marguerite Duras dont j'ai relu récemment l'incontournable "l'amant", livre admirable qui fut couronné du Goncourt.

 Et puis, hasard d'un rayonnage de bibliothèque, j'ai découvert son 1er roman "Un barrage contre le Pacifique", récit en très grande partie autobiographique.

Il s'agit d'un couple français qui tente l'aventure coloniale et part s'installer en Indochine, pensant y faire fortune. Le père meurt laissant son épouse avec ses deux enfants dans ce qui devient vite une impasse.

Mais la mère vaillante travaille dur.


Avec les économies réalisées, elle obtient une concession qui se révélera être une terre improductible car inondée chaque année par le Pacifique. Une vie misérable commence alors en  ce début des années 1930.

Dans ce roman, nous avons les colonisateurs et les colonisés, certes !

Mais il y a aussi deux strates parmi les colonisateurs : les riches mais également de pauvres diables qui ont été attirés par un miroir aux alouettes dans un pays qui n'est pas le leur et où ils végètent lamentablement et pathétiquement, allant de désillusions en désillusions. Le titre, à lui seul, décrit bien les tentatives folles de la mère pour s'en sortir

Les portraits des différents personnages sont remarquablement dépeints dans un contexte dur, impitoyable et violent. 

Un beau roman, puissant et tragique qui annonçait la grande écrivaine. 

Bonne et belle lecture ! 

J-C Togrège
03/05/2021



samedi 1 mai 2021

UN PETIT BRIN DE MUGUET

 UN PETIT BRIN DE MUGUET

S'échanger un petit brin de muguet
Même à distance même virtuel
En guise de porte-chance annuel
Geste qui ne saurait être désuet.

Faire don de ces corolles en clochettes
Messagères de délicates attentions
Tradition charmante, jolie mission.
Fleur blanche, soit de ce jour la vedette !

Sourire amical, souhait de bonheur
Considération provenue du coeur
C'est miser sur un confiant avenir.

Ce muguet a l'espoir pour signature
Clin d'oeil optimiste vers le futur
Le plus beau reste encore à définir.

J-C Togrège
(extrait du recueil "Les Bourgeons renaîtront")



mardi 27 avril 2021

‌OÛ SONT LES CHANTEURS ?

OU SONT LES CHANTEURS ?




range-disque des années70/80 
La  fréquence avec laquelle disparaissent les chanteurs de mon enfance a quelque chose d’inquiétant, voire d’angoissant. 

Pour certains la carrière fut éphémère, pour d’autres bien plus longues, mais dans tous les cas, je me rappelle les pochettes des 45 tours de mes « jeunes années ».

Comme j’en prenais soin de cette collection de disques ! J’en distingue encore les couleurs, les visages en gros plan, les titres. Certains, je les avais attendus longtemps, les avais regardés dans les magasins. 



J’aimais les classer par nom, par date, par préférence. 
Il y avait toujours des titres « chouchous » qui résistaient à l’arrivée des petits nouveaux. Pour la plupart, même si je ne les écoute plus, ils sont toujours rangés dans un placard.

 A chaque fois que l’un de ces chanteurs disparait, outre la tristesse, c’est un morceau de mon éternité qui vole en éclat. Dans les rétrospectives nécrologiques de la presse, apparaissent les dates des succès et cela se compte non pas en années mais en décennies. Repassent à la télé les archives d’émissions de variétés où nous revoyons leur jeune visage, leur fine silhouette, leur enthousiasme et l’insouciance générale des années 70.

Certes, avec le temps, je me suis éloigné de certains d’entre eux mais il me reste toujours une petite nostalgie, une tendresse pour une mélodie qui accompagna mon adolescence.

La disparition de l’un d’entre eux fait autant de dégâts sur ma vitalité du jour que les rides que je vois dans le miroir du matin et où je peine à distinguer les traits de mes 15 ans. 

Un chanteur ne devrait ni mourir ni vieillir. Il devrait rester dans ses belles années et nous accompagner tout au long de notre vie. Nous resterions ainsi dans l’illusion d’un temps qui ne nous atteint pas. 

Où sont les chanteurs ? 

Mais ils sont là où je les revois toujours !
Dans mon range-disques qui trônait sur mon lit ! 

J-C Togrège 
27/04/2021