vendredi 18 octobre 2019

JEUNESSE /// ECOUTE LES ARBRES PARLER

ECOUTE LES ARBRES PARLER
PETER WEHLLEBEN


Comment un arbre se tient-il droit ? 

De quoi les arbres ont-ils peur ?

Comment boivent les arbres ?

Comment les arbres s'aperçoivent-ils de l'arrivée du printemps ?

Les arbres peuvent-ils parler ? 


Est-ce qu'il y a internet dans la forêt

Que font les arbres la nuit ?


Des questions de ce type, ce livre très bien fait en regorge et ne peut que mener au respect de l'arbre et de la nature.

Des chapitres sont également consacrés aux animaux qui peuplent les forêts. Chacun y a sa place, il n'y a pas de nuisibles contrairement à certaines classifications dépassées qui mènent au déséquilibre.

L'auteur, Peter Wohlleben, s'adresse aux enfants avec des phrases simples mais nullement mièvres,en y associant des petits jeux et des quiz. L'on peut même parler d'un ouvrage de vulgarisation scientifique à portée de la jeunesse, espérant qu'ainsi elle saccagera moins son environnement que les générations précédentes.

Peter Wohlleben, qui fut forestier en Allemagne pendant plus de 20 ans, s'est fait connaitre en France grâce à son livre "La vie secrète des arbres". Voilà un homme qui a observé la nature, qui l'a aimée et qui nous montre les arbres avec une vision beaucoup plus large que celle que l'on a habituellement.

Lire ce livre, c'est se promener en forêt avec un regard respectueux, une envie de voir, d'entendre, de comprendre, sans l'idée de domination ou d'exploitation.

Bien qu'il s'agisse d'un ouvrage à destination des enfants, je peux vous assurer que j'y ai appris plein de choses.

L'Arbre est un être vivant !
L'Arbre est magnifique, il faut le respecter !

Bonnes et belles lectures

J-C Togrège
18/10/2019




mercredi 9 octobre 2019

LIVRE /// LA MORT AU BOUT DES FILS

LA MORT AU BOUT DES FILS
VIRGINIE LAUBY



Aller à la rencontre d'un auteur invité par une médiathèque, quand on ne le connait pas, c'est partir à l'aventure.

Comme toute aventure, cela suppose une certaine curiosité, avec le risque d'être déçu ou l'avantage d'être charmé.

Il se trouve que l'échange qu'eut Virginie Laubry avec les lecteurs fut très intéressant, ouvert, sympathique, et que cela me donna l'envie de poursuivre cette aventure en la lisant.

Et cela se transforma en une belle découverte littéraire, la romancière ayant une belle écriture et le sens du récit !

Ce roman, c'est deux histoires en parallèle distantes de plus d'un siècle puisque l'une se déroule en 1868 et l'autre de nos jours. Ce qui les relie, c'est le mode opératoire de meurtres qui ont la particularité de vider les victimes de leur masse cérébrale.

D'un côté, nous suivons Isabelle dont le fiancé a été tué et qui se met à la recherche d'anneaux à travers les Ardennes au XIXème siècle.
De l'autre, aujourd'hui lors d'une année impaire, un policier enquête à Charleville-Mézières pendant le festival des marionnettes.

Ah oui, j'ai oublié de préciser qu'il s'agit d'une autrice ardennaise, ce qui explique le cadre de son histoire, et ce pour notre plus grand plaisir, les Ardennes étant une magnifique région.


Extrait : " Sans un mot, il finit de soulever le drap fin et découvrit le haut du corps qui avait été nettoyé. La jeune fille eut un haut-le-cœur en découvrant la plaie béante aux bords déjà racornis balafrant le visage blafard. Une partie de la mâchoire inférieure du jeune homme avait disparu et une plaie béante laissait apercevoir l'intérieur du crâne, un os blanc, une cavité vide."

Précisons qu'il s'agit d'un thriller teinté de fantastique...

Bonnes et belles lectures

J-C Togrège
09/10/2019

PS: Mon épouse est en train de lire un autre livre de l'auteur (Hantise) qu'elle trouve très prenant.







CINE /// J'IRAI OU TU IRAS : du bon cinéma "grand public"

J'IRAI OU TU IRAS
GERALDINE NAKACHE

avec Géraldine Nakache, Leïla Bekhti, Philippe Timsit, Pascale Arbillot etc.



J'irai où tu iras, mais oui on la connait par cœur cette chanson composée par Goldman et chantée par Céline Dion !

Si elle en est le titre, c'est que cette comédie se déroule en partie autour du milieu des fans de Céline Dion, l'une des sœurs du film étant en route pour auditionner en tant que choriste de la chanteuse.

Rien que voir Géraldine Nakache chantant ce tube dans un mariage vaut le déplacement !



Derrière le propos apparent frivole, ce film aborde des thèmes importants avec une grande sensibilité, tels que les non-dits familiaux, le sens que l'on veut donner à sa vie, l'amour familial plus fort que les différences, la paternité (pas si anodin que cela en ce moment...)

Mais revenons au propos du film.

Géraldine Nakache et Leïla jouent deux sœurs très différentes avec une trajectoire bien éloignée l'une de l'autre, d'ailleurs elles ne se voient pas souvent, n'ont pas grand chose à se dire.

Ces deux sœurs ont un père, ou plutôt un papa poule joué par un Patrick Timsit veuf, débonnaire, farceur, un peu largué par la technologie. Devant subir un traitement médical, il ne pourra pas accompagner sa fille ainée à Paris pour une audition et charge alors son autre fille de le remplacer...
 
La complicité des deux actrices contribue à la réussite de leur face à face qui fonctionne si bien, et cela depuis "Tout ce qui brille". Rappelez-vous la reprise de la chanson de Véronique Sanson "Drôle de vie" !


J'ai beaucoup aimé aussi un petit rôle joué par Pascale Arbillot dont le personnage cache difficilement la fêlure de l'éloignement de ses filles. Sa manière d'en parler sans se plaindre en dit beaucoup.

C'est rythmé, c'est drôle, les dialogues font mouche sans être lourdingues, c'est touchant, c'est émouvant, bref du bon cinéma grand public !

A déconseiller toutefois pour ceux qui n'aiment pas les "bons sentiments".

Cinéphilement vôtre

J-C Togrège
09/10/2019







vendredi 4 octobre 2019

LIVRE /// NOS VIES de Marie-Hélène Lafon

NOS VIES
MARIE-HELENE LAFON


Si vous avez déjà, dans un train, un métro, une salle de spectacle, laissé courir votre imagination sur la vie de tous les inconnus à portée de regard, alors vous avez un peu de Jeanne en vous, la narratrice de ce roman.

Simple amusement, esprit curieux, intérêt pour autrui ou manière de passer le temps ?

Qui sont-ils tous ces gens qui nous entourent et dont nous ne saurons sans doute jamais rien ?



Jeanne vient d'être en retraite. Elle vit seule, va à jours réguliers dans sa supérette, toujours à la même caisse et se demande qui est cette caissière qui se prénomme Gordana.

Elle lui imagine un passé, une vie, des pensées,  à partir de deux photos entre aperçues. Entre dans cette histoire qu'elle se raconte une autre personne qui passe toujours à cette caisse, un homme se nommant Horacia Fortunato.

Tout en leur inventant une vie, Jeanne nous raconte la sienne par petites touches sensibles.

Nous passons d'un paragraphe écrit au conditionnel à un autre à l'indicatif, l'aller retour entre ce qu'elle a vécu et ce qu'elle imagine pour Gordana et Horacio, et tout cela est très bien agencé.

J'aime beaucoup le style et la petite musique de Marie-Hélène Lafon et sa manière de raconter les existences.

Extrait :

" La capacité de recommencement des femmes, et des hommes parfois, me terrasse, et m’émeut. C’est là, c’est donné, il suffit de regarder et d’écouter. Les femmes surtout, certaines, comme elles sont vaillantes, comme elles veulent y croire, et paient de leur personne, de tout leur corps qui fabrique les enfants, et les nourrit ; et elles se penchent, vêtent, nouent les écharpes, ajustent les manteaux, consolent vérifient admonestent caressent, ça ne finit pas. Comme elles sont dévorées et y consentent ou n’y consentent pas ou n’y consentent plus mais peuvent encore, font encore, parce qu’il le faut et que quelque chose en elles résiste, continue. C’est chaque jour et au bout des jours ça fait une vie. 

Bonnes et belles lectures !

J-C Togrège
04/10/2019


lundi 30 septembre 2019

LE GRAND LIVRE... ET SA VOIX QUI NE ME PARLE PAS !

LE GRAND LIVRE !


Cela fait quinze jours que je peine sur la lecture d'un "grand livre" qui me laisse, oserai-je le dire, indifférent. Le seul effet qu'il a sur moi est de précipiter mon sommeil le soir...

Et pourtant, je vous assure que je me suis acharné, revenant en arrière, essayant la lecture à voix haute pour en ralentir le rythme mais rien n'y fait. Comme il y a de nombreux personnages dont je confonds les noms, consciencieusement je les ai listés sur une petite feuille avec quelques annotations pour m'y retrouver mais rien n'y fait. Je me perds dans les "il" ou "elle" fort nombreux dans le récit, ne sachant plus de qui il est question.

 Je ne peux que reconnaître l'existence d'un style, d'une écriture, d'une voix mais malheureusement, cette voix ne me parle pas. Parfois quelques paragraphes attirent mon intérêt mais c'est de courte durée et je replonge dans ce qui ressemble davantage à un devoir obligatoire (le finir coûte que coûte!) qu'à un plaisir-lecture.

Ne pas finir un livre qu'on trouve mauvais, c'est plutôt salutaire en soi, à quoi bon perdre son temps ?
Mais peiner sur un livre dont on sent qu'il est de qualité mais qui nous résiste, c'est autre chose ! Il y a comme un goût d'échec...

Alors, oui, la honte m'a envahi face à ce grand auteur reconnu internationalement...
Cela ne pouvait venir que de moi, qu'est-ce qui pouvait clocher ?

N'étant pas lecteur à abandonner si vite, je suis allé sur le net voir pour avoir quelques clefs sur l’œuvre, lire des commentaires de blogueurs ou journalistes. Tout ce petit monde (ou presque) salue le grand écrivain... ce qui ne fait que renforcer mon sentiment d'inaptitude ou de rencontre avortée avec ce "grand livre".

Avec ces quelques éclairages, j'ai tenté de poursuivre.

A un peu plus de 200 pages, j'ai commencé à sauter des lignes, des paragraphes puis à fureter quelques pages plus loin sur un autre chapitre. La suite est aisée à deviner, cela s'est fini par un arrêt de lecture !

Force m'est de me reconnaître ma défaite !

Il y a quelques autres grands livres dont je me rappelle, non pas pour les avoir lus, mais pour ne pas avoir su les lire.

Ainsi en fut-il de Salammbô de Flaubert alors que j'avais aimé sa "Madame Bovary".
Ah oui, ça y est je vous déçois !
Et encore je ne vous ai pas donné le nom du livre en question... et ne le ferai pas car en plus ce ne serait pas politiquement correct !

Bonnes et belles lectures

J-C Togrège
30/09/2019


CINE /// UN JOUR DE PLUIE A NEW YORK : Un Woody Allen de bon cru !

UN JOUR DE PLUIE A NEW YORK
DE WOODY ALLEN
Avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, Jude Law, Cherry Jones etc.



Quelle ne fut pas notre surprise dimanche après-midi  que cette vision d'une salle pleine pour le dernier film de Woody Allen ! Mon épouse et moi avons même dû nous mettre dans des rangées différentes.

Certes, la salle ne contient qu'une petite centaine de places, mais cela prouve tout de même que la qualité fait encore se déplacer les cinéphiles. Il est vrai  aussi que le temps morose et pluvieux était une bonne occasion pour trouver refuge devant une toile.

Puisque je parle de qualité, celle-ci se trouve bien dans ce dernier film de Woody Allen, qui est une comédie romantique très agréable où l'on retrouve ce qu'on aime du réalisateur, notamment son ton bien à lui.


Deux étudiants, Gatsby et Ashleing, décident de passer un week-end amoureux à Manhattan, profitant du fait que la jeune fille doit y interviewer un réalisateur célèbre avant la sortie de son film.
Une fois cette tâche accomplie, ils auront tout leur temps devant eux.

Mais rien ne se passe comme prévu et chacun de leur côté, ils vont suivre une pérégrination dans la ville avec des rencontres inattendues et des situations insolites. Outre ce désagrément, cela permettra à Gatsby de mieux savoir ce qu'il veut et de regarder sa mère différemment.
Quant à sa petite amie, elle est en admiration quasi béate devant le petit monde du 7ème art, dont un réalisateur déprimé, un scénariste infidèle cocufié et un acteur très "people".

Avec Woody Allen, comme une ville sous la pluie a du charme  !
Et comme ce charme est renforcé avec une musique jazzy présente tout du long du récit ...

Bien sûr, comme dans toute sa filmographie, il y a de nombreux dialogues fort savoureux et bien dosés en humour léger. L'on y trouve aussi le thème du couple et de ses atermoiements amoureux.

Un bien beau film dont sont privés les Américains du fait du boycott du réalisateur dans son pays.
Souvenons-nous que Chaplin, en son temps, y fut également boudé et que c'est en Europe qu'il put pendant un temps continuer à diffuser son oeuvre.

Cinéphilement vôtre

J-C Togrège
30/09/2019

mardi 17 septembre 2019

LIVRE /// 29 ANS ET DEJA 9 ROMANS

TROIS SAISONS D'ORAGE
CÉCILE COULON



29 ans et déjà 9 romans !
Surprenant, non comme certains sont précoces ?

Cela laisse pantois...

Des passages télé intéressants dénotant un esprit vif et futé au terme duquel je me disais : ah oui, il faut que je la lise !

Et avec cela, Céline Coulon ne donne même pas l'impression d'avoir la grosse tête.

 Autant d'arguments pour vouloir en savoir plus en la lisant !


Au hasard, j'ai acheté "Trois saisons d'orage" paru en 2016 et qui a obtenu le prix des libraires en 2017.

J'ai tout d'abord été surpris, très agréablement, par son style d'écriture bien loin de ce qui se fait actuellement. C'est écrit dans une langue plutôt classique avec des chapitres comportant des titres. Rien de vieillot, non ce n'est pas ça non plus, mais plutôt un goût littéraire certain pour ce qui est bien écrit, comme quelqu'un d'épris pour la langue française. Et quel bien cela fait de ne pas y trouver à chaque page des termes anglais pour faire soit prétentieux soit dans le coup !

Dans le récit, l'on ne sait pas d'abord où l'on va. Céline Coulon nous présente des lieux (un petit village perdu, des falaises, une carrière où travaillent les "fourmis blanches") et des personnages sur trois générations.
Tout s'agence petit à petit, l'on sent la tension monter lentement, l'on pressent un drame mais lequel... Et puis il y a un secret, une passion interdite, réprimée mais stop je m'arrête là.

La nature y joue un rôle très important, elle y est à la fois magnifique et hostile.
Cécile Coulon a vécu son enfance dans un village, l'on ressent bien son amour pour la campagne et la nature. Ce n'est pas une enfant de la ville décrite comme froide et conquérante.

Il y a de très beaux personnages tant masculins que féminins, certains savent ce qu'ils veulent, d'autres ont des failles. Il y a aussi l'inattendu qui survient contre lequel il est difficile de lutter.
Il y a quelques imbéciles aussi, c'est la vie.


Je finirai en disant que j'ai fini ce roman vers 3h du matin et que depuis les personnages me restaient en tête. Il fallait vite en dire quelques lignes !

Extraits : "Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s'y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d'orgueil, qu'elle était là avant eux, qu'elle ne leur appartient pas, mais qu'ils lui appartiennent. Elle peut les broyer à la seule force de sa respiration, elle n'a qu'à frémir pour qu'ils disparaissent."

"Au début, l'immensité des lieux protégeait les habitants des regards extérieurs. Néanmoins, si vous donniez un coup de pied dans un caillou au bord d'un chemin désert, quelqu'un demandait le lendemain matin :
- Alors, toujours en colère ?"

Allez savoir pourquoi, le "climat" du livre m'a fait pensé à des romans de François Mauriac.

Bonnes et belles lectures !

J-C Togrège
17/09/2019