mercredi 21 décembre 2016

LIVRE /// DU COTE DE CHEZ SWANN DE PROUST

CHARLES SWANN ET ODETTE DE CRECY
 

La lecture de Proust à haute voix, au final, c'est une méthode qui me convient bien puisque je viens de finir ce 1er roman de "A la recherche du temps perdu".

Certes, c'est plus long car il m'aura tout de même fallu 5 semaines, tout en alternant avec d'autres livres.

 "Du côté de chez Swann" est en trois parties. Dans la 1ère nommée "Combray"  le narrateur raconte son enfance (dont l'épisode de "la Madeleine" qui a fait l'objet d'une chronique précédente) et c'est écrit à la 1ère personne du singulier. Dans la 2ème partie qui est antérieure, car se passant avant la naissance du narrateur, c'est à la 3ème personne du singulier et cela conte les amours de Charles Swann et d'Odette de Crécy. Enfin, dans la 3ème partie beaucoup plus courte (Nom de pays, le nom) c'est un retour au narrateur nous parlant de son amour d'enfance pour Gilberte, la fille de Swann.

L'amour de Swann pour Odette repose d'abord sur un malentendu d'ordre esthétique. Ce dandy fortuné et séducteur, n'est pas vraiment attiré par Odette lorsqu'il la rencontre, ce n'est pas son type de femme. Mais elle lui fait penser à un personnage de tableau de Botticelli, cela va l'intriguer et la faire voir sous un jour différent.

Cette Odette, disons-le de suite, nous lecteurs, nous comprenons très vite que c'est une "cocotte" de luxe, une demi-mondaine comme on les appelait à cette époque. L'on perce son jeu de séduction, encouragé dans le salon de Mme Verdurin  rempli de snobs ridicules dont l'auteur se moque avec humour.

Les jeux de l'amour et de la séduction, le bonheur (avec des petits riens tels la phrase musicale de la sonate de Vinteuil qui est comme leur hymne, des formules propres à eux deux "faire cattleya"), la désillusion, la jalousie, toutes ces phases nous sont largement décrites.

Et pour finir, Swann, redevenu lucide, aura ce propos " Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir, que j'ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre!"

En conclusion, je dirai qu'il ne faut pas avoir peur de Proust, c'est un auteur accessible au plus grand nombre. Il est juste nécessaire d'adapter sa vitesse de lecture pour en apprécier le style, ses longs développements, ses belles tournures. Et quel plaisir que son bon usage de l'imparfait du subjonctif !

 Il y a aussi de l'humour et de l'ironie notamment dans la description des salons mondains, des pages pleines de poésie magnifiant la nature, des analyses pertinentes sur le temps.

Extrait :

"Mme Verdurin, voyant que Swann était à deux pas, prit cette expression où le désir de faire taire celui qui parle et de garder un air innocent aux yeux de celui qui entend, se neutralise en une nullité intense du regard, où l'immobile signe d'intelligence du complice se dissimule sous les sourires de l'ingénu et qui enfin, commune à tous ceux qui s'aperçoivent d'une gaffe, la révèle instantanément sinon à ceux qui la font, du moins à celui qui en l'objet"

Bonne et belle lecture

JC Togrège
21/12/2016

PS Petit détail amusant : hier soir, alors que nous étions couchés, je lisais la préface (car je lis les préfaces après avoir lu le livre, certaines racontant trop le récit), quand la fatigue venant, mes yeux se fermèrent, mes mains se détendirent; le livre tomba à deux centimètres de la tête de mon épouse qui sursauta. Etre mariée à un lecteur comporte des risques ...





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